L’empoisonnement de l’espion Skripal : à qui profite le crime ?

Michel Garroté
Politologue, blogueur
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Michel Garroté  --  Le Premier ministre britannique Theresa May a annoncé l’expulsion de 23 diplomates et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie, qu’elle a déclarée « coupable » de l’empoisonnement d’un ex-espion russe sur son sol. A noter pour commencer que le refus de Londres d’ouvrir l’accès au dossier de l’ex-espion russe Skripal suscite de nombreuses interrogations. Londres cherche visiblement à dissimuler la vérité sur cette affaire. Moscou a d'ailleurs dénoncé « une provocation grossière ». Une analyse partagée par certains spécialistes occidentaux.
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Ainsi, Eric Dénécé (Directeur du Centre de Recherche sur le Renseignement) estime que les accusations d'empoissonnement de Skripal par la Russie ne tiennent pas la route et dénonce l'inversion de la charge de la preuve. Le Vice-Président à Paris du Parti Conservateur Britannique se désolidarise de Theresa May : « Je ne vois pas l'intérêt de la Russie d'avoir voulu le tuer. Je suis avocat et regrette que l'offre de coopération de Lavrov ait été rejetée ». Le Directeur de Recherche à l'Iris se demande à qui profite le crime sachant que les relations entre la Russie et la Grande-Bretagne étaient en train de se réchauffer avec une visite qui était prévue de Sergueï Lavrov à Londres.
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En 2006, une affaire similaire, l'empoisonnement au polonium de l'espion russe Alexandre Litvinenko, avait provoqué en 2016 cette révélation du capitaine Barril, ex-commandant du GIGN, affirmant détenir des documents prouvant qu’Alexandre Litvinenko a été tué par les services spéciaux américains et britanniques. Selon lui, l’assassinat de Litvinenko était une opération des services spéciaux conçue pour diffamer la Russie et Vladimir Poutine, à laquelle le fameux oligarque russe Boris Berezovsky a participé, et a été tué lui-même par le MI6 quand il est devenu gênant. L’opération aurait pour nom de code « Beluga ». "La Russie n’a rien à voir avec (l’assassinat de Litvinenko). L’affaire a été fabriquée depuis le début.
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Le Polonium a été choisi comme poison parce que, en raison de sa production en Russie, il impliquerait la Russie. L’objectif de l’ensemble de l’opération était de discréditer le président Poutine et le FSB. Cela a été fait parce que la Russie bloque les intérêts américains dans le monde entier, en particulier en Syrie. Ce fut une tentative d’affaiblir l’emprise de Poutine sur le pouvoir, de déstabiliser la Russie". Dans l’interview, Barril mentionne celui qui s’affiche ouvertement comme l’ennemi de Poutine, le financier William Browder, comme étant en étroite collaboration avec Berezovsky.
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Browder a dirigé le bureau russe des investissements chez Salomon Brothers. Il dirige actuellement le fonds d'investissement Hermitage Capital Management, une branche de la banque HSBC qui contrôle le plus grand fonds d’investissement étranger en Russie et possède notamment des parts dans des sociétés comme Gazprom, Inter RAO, Rosneft, Sberbank, Sidanko, Surgutneftegaz.
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Moscou qualifie de « provocation sans précédent » les sanctions prises par le Royaume-Uni contre la Russie (rupture de relations bilatérales et expulsion de 23 diplomates russes : la totale). Le ministère russe des Affaires étrangères promet une riposte rapide. Le Conseil de sécurité de l’ONU s'est réunis "en urgence" mercredi 24 mars à 20 heures à la demande de Londres et cette réunion est complètement ridicule et exagérée : on croirait que la Russie a envahi le Royaume-Unis ou quelque chose comme ça.
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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14 commentaires

  1. Posté par Lavinia le

    Tout cela est lamentable ! May est une idiote et joue mal

  2. Posté par Sancenay le

    Après la poudre de perlin-pinpin d’irak, voici le polonium russe. décidément les rosbeef et leurs maîtres yankees – de l’ombre- nous prennent pour des billes! Avec des « alliés » de cet acabit, on n’a assurément pas besoin d’ennemis.

  3. Posté par Cri-cri le

    Comment étouffer l’affaire des viols connus et passés sous silence par la police britannique ? Monter en épingle une fausse affaire, faire mousser en renvoyant des diplomates russes (on peut tout mettre sur le dos de Poutine !), et voilà ! Qui parle encore des milliers de petites filles violées par des musulmans avec le silence complice de la police et des journalistes anglais ? Personne !
    Mission accomplie ! Bravo, Mme May ! Vous êtes une vraie M…. !

  4. Posté par Jacques le

    @ Pierre-Alain Tissot Theresa May aimerait bien se profiler comme Margaret Thatcher, voire Winston Churchill, mais sa mise en scéne me rappelle plutôt celles de l’incendie du Reichstag et des flacons de « produits chimiques » brandis théâtralement afin de pouvoir envahir l’Iraq….

  5. Posté par Astérix le

    On cherche à détruire la Russie comme on détruit l’Europe
    et a discréditer Vladimir Poutine , le seul homme fort qui défend son peuple et sa culture !

  6. Posté par Hervé le

    Quand on voit tout ce qui ce passe dans le monde, il est impossible de ne pas penser que c’est les mondialistes qui cherchent à tout prix une guerre contre la Russie. Après l’Ukraine, la Syrie… plus personne ne peut ces sociopathes qui créent des guerres civiles lorsqu’ils n’aiment pas un gouvernement.

  7. Posté par aldo le

    Très regrettables ces accusations qui sentent fortement une mise en scène. Le problème est celui de l’incompétence et de la médiocrité des gouvernants, incapables de juger une situation en dehors des castes de conseillers, généralement soigneusement noyautés par de forces centrifuges aux aguets, pour préparer les coup-fourrés visant à les remplacer par des copains. Et la F.:M:. ne doit malheureusement pas être absente de ces milieux agissants en sourdine. C’est à l’anarchie qui en résulte aujourd’hui qu’on peu mesurer les périls à venir.

  8. Posté par Claire le

    Poutine est un homme intelligent et un fin stratège. Il est donc invraisemblable qu’il se soit lancé dans une opération pareille en période électorale. La bonne question à se poser est: à qui profite cette affaire? Le Royaume-Uni étant le caniche des USA, et les USA souhaitant éliminer l’adversaire russe, la réponse semble évidente.

  9. Posté par Le Taz le

    Cette histoire pue l’opération sous faux drapeau. Lorsque l’on voit l’hystérie anti-Poutine au sein des médias du système, il y a fort à parier que cette histoire soit une propagande orchestrée par la mafia mondialiste. Nous avons la preuve irréfutable que Saddam Hussein détient des armes de destruction massive… Bachar Al Assad utilise des armes chimiques… Kim Jong Un est un dangereux psychopathes… Mouammar Kadhafi est un tyran contre son peuple… Donald Trump est un malade mental… Et l’oncle Picsou quand est-ce que l’on en parle???

  10. Posté par Damien Francois le

    Vive Poutine! Dommage qu’il n’est pas président du monde…

  11. Posté par Aude le

    Décevante cette Madame May.
    Quel bordel.

  12. Posté par Marcassin le

    Les américains (et les anglais ?) sont les spécialistes des false flags.
    Il faut vraiment être stupide pour penser qu’aucun état ne serait capable de fabriquer un poison identique.

  13. Posté par Jacques le

    Michel Garroté, vous avez raison, comme toujours. J’ai suivi le débat du Conseil de sécurité sur RT englais. Il est évident que les accusations de Theresa May ne tiennent pas la route. Comme le souligne l’ancien maire de Londres, elle est en mauvaise posture après les dernières élections – et dans ses négociations sur le Brexit – et tente donc de regagner les électeurs en les mobilisant contre un ennemi extérieur, pensant suivre l’exemple de Margaret Thatcher lors de la guerre des Falkkands. Elle croit se tirer d’affaires grâce à des torrents de russophobie. Elle va tomber sur son nez !

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